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Défilé de la fierté de Montréal annulé | Les “erreurs de communication” sont coûteuses, selon une étude

Fatigue et charge de travail, pénurie de main-d’œuvre, erreurs de communication : l’annulation inattendue du défilé de la Fierté montréalaise cet été est en grande partie due à un manque d’organisation interne, conclut une enquête indépendante. Il est aussi recommandé à l’organisme d’adopter un « plan d’action d’urgence » pour éviter que la situation ne se reproduise.

Posté à 13h00

Henri Ouellette-Vézina La Presse

«Il est clair que ce défilé n’aurait pas dû être annulé», explique d’emblée à La Presse Philippe Schnobb, l’ancien président du conseil d’administration de la Société de transport de Montréal (STM), qui était en charge de l’enquête indépendante. . “C’était un événement qui aurait pu être très bien contrôlé. Nous aurions pu régler la situation si nous avions pu nous asseoir et réfléchir pendant une demi-heure”, dit-il.

L’annulation du défilé en août a provoqué plusieurs réactions négatives à Montréal. Les anciens membres du conseil d’administration et la communauté ont appelé à une refonte de l’arrangement phare. Des marches spontanées ont été organisées au dernier moment le jour du défilé. “Il y a des gens qui ont dormi sur l’interrupteur. […] Il faut qu’on ait plus de réponses», a déclaré Michel Dorion, figure bien connue du village gai et ancien chef du défilé de la Fierté Montréal, parlant d’une «grave erreur».

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Philippe Schnobb

M. Schnobb attribue la situation à plusieurs “erreurs” commises le même jour, causées par le surmenage et le manque de personnel, “qui ont touché tous les grands festivals au Canada cet été”.

En substance, “si nous avions recruté 96 agents de réception, nous n’aurions eu que 15 personnes portées disparues pour des raisons de sécurité”, dit-il. La confusion sur l’embauche — Fierté Montréal a en fait oublié d’embaucher ces agents — proviendrait apparemment du fait que « les agents peuvent avoir deux titres d’emploi identiques, un rémunéré et un bénévole, ce qui semble avoir causé beaucoup de confusion.

Il n’y a pas de leader direct, mais une question de gouvernance

Qui est finalement responsable ? “Le mystère reste entier”, reconnaît l’enquêteur indépendant. « Qui a éteint le feu ? On ne sait pas. Le feu est éteint, mais cela reste un mystère. Je ne peux pas tirer d’autre conclusion que c’est un malentendu, ce qui est très regrettable. passer volontairement entre les mailles du filet », note Philippe Schnobb.

« En tant que directeur général [Simon Gamache] arrivé au bureau juste avant 9 heures ce matin-là, les médias avaient déjà rapporté qu’il avait été annulé et que la circulation avait déjà repris. Il n’avait même pas encore pris de décision”, soulève-t-il également, évoquant d’éventuelles “fuites” qui n’auraient pas dû se produire.

Dans son rapport, M. Schnobb recommande de “fournir à l’organisation un plan d’urgence pour toutes les activités liées au défilé” et de fournir “une formation pour s’assurer que le plan est compris”. En plus de “prévoir actuellement que le personnel supervisant toute la sécurité du défilé sera rémunéré”, il recommande de former le personnel à la “gestion de crise”.

“Professionnalisme” de la fierté montréalaise.

Fierté Montréal a aussi du chemin à faire pour devenir « professionnel » en matière de gouvernance, admet le chercheur. « Leur structure de gestion est assez unique ; nous parlons de l’assemblée générale, qui se compose du conseil d’administration et prend toutes les décisions. Ce serait bien qu’ils ouvrent un peu le gouvernement. Et c’est entre leurs mains. Je parle de reconstruction car pour moi c’est la bonne chose à faire pour regagner la confiance de la communauté et des partenaires », se souvient-il.

Dans son rapport, Philippe Schnobb recommande également de faire appel à des consultants en management. Il admet toutefois que le départ de deux membres fondateurs, dont l’ancien président Éric Pineault, évincé en 2020 après des allégations d’inconduite sexuelle, « a créé une instabilité que le conseil d’administration et la direction actuelle tentent de contenir ».

“Je pense qu’il est important d’arrêter de faire référence à l’ancien et au nouveau. J’ai été impressionné par l’intelligence des personnes que j’ai rencontrées ces dernières semaines. L’équipe doit s’unir en faisant face aux défis qui se présentent ensemble, sans s’attarder sur le passé », conclut-il.

La mairesse Valérie Plante a déclaré mercredi dans un communiqué qu’elle est convaincue que l’enquête « contribuera à restaurer la confiance du public » envers la Fierté Montréal. Le PDG Simon Gamache est déterminé à “reconstruire et renforcer les liens de confiance avec nos communautés”. Le président du directoire, Moe Hamandi, a également confirmé mercredi que suite aux recommandations, “plusieurs projets” ont déjà été initiés en interne.