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Un ministre britannique choque avec son “rêve” sur les migrants

PAUL ELLIS/AFP La ministre britannique de l’Intérieur, Suella Braverman, lors du troisième jour de la conférence annuelle du Parti conservateur à Birmingham, le 4 octobre 2022.

PAUL ELLIS/AFP

La ministre britannique de l’Intérieur, Suella Braverman, le troisième jour de la conférence annuelle du parti conservateur à Birmingham le 4 octobre 2022.

ROYAUME-UNI – Quelques secondes de vidéo ont suffi à provoquer l’indignation outre-Manche. Ce mardi 4 octobre, la ministre britannique de l’Intérieur, Suella Braverman, a essuyé des critiques pour une condamnation inappropriée concernant les réfugiés au Royaume-Uni.

Derrière la sortie du ministre, ces quelques mots : « Mon rêve ? Voir un avion plein de réfugiés décoller pour le Rwanda en première page du Telegraph. Un “rêve” qui tourne très mal pour de nombreux Britanniques et aussi pour plusieurs associations de réfugiés. D’autant que la ministre en poste depuis l’arrivée de Liz Truss est la fille d’un réfugié kenyan qui a rejoint la Grande-Bretagne dans les années 1960.

“Mon rêve ? Voir un avion plein de réfugiés décoller pour le Rwanda à la Une du Telegraph” – Nouveau Ministre…

– Alex Taylor (@AlexTaylorNews)

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Le gouvernement britannique veut empêcher les migrants qui ont traversé la Manche de demander l’asile au Royaume-Uni, a également déclaré mardi la ministre de l’Intérieur Suella Braverman. Une annonce mondiale qui est considérée comme une violation des conventions internationales.

“Si vous entrez illégalement au Royaume-Uni depuis un pays sûr, vous devez être immédiatement renvoyé dans votre pays d’origine ou relocalisé au Rwanda où votre demande d’asile sera examinée”, a déclaré le ministre ultra-conservateur sous les applaudissements du Congrès du Parti conservateur. à Birmingham (centre de l’Angleterre).

Les organisations de défense des droits des migrants ont condamné les rapports comme des détournements. La fondatrice de Care4Calais, Clare Mosley, a critiqué le projet “barbare, trompeur et inutile” et a condamné la “fausse” rhétorique du gouvernement sur la question. Le Conseil des réfugiés a souligné que les rapports vont à l’encontre de la Convention des Nations Unies sur les réfugiés, qui stipule qu’un migrant ne peut être pénalisé pour avoir demandé l’asile en raison de la manière dont il est entré dans le pays pour lequel il demande.

Notre réponse au discours du ministre de l’Intérieur cet après-midi : « Les propositions de ce discours sont profondément inquiétantes et…

— Conseil des réfugiés 🧡 (@pagulasnõukogu)

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Les Britanniques sont majoritairement favorables à l’accueil des migrants

Londres a fait de l’immigration une priorité post-Brexit et dit vouloir réduire le nombre de migrants qu’elle accepte. Suella Braverman a déclaré que “trop ​​de demandeurs d’asile abusent du système” et ne répondent pas “aux besoins de l’économie”.

Le ministre a également condamné les mauvais traitements infligés aux migrants, qu’il a qualifiés de victimes de “l’esclavage moderne” – des propos y ont également été qualifiés de mensonges par des organisations non gouvernementales.

Plus de 33 500 personnes ont effectué la périlleuse traversée de la Manche depuis le début de l’année, l’une des routes maritimes les plus fréquentées au monde. Malgré les promesses des gouvernements conservateurs successifs, ce nombre n’a cessé d’augmenter depuis 2018. Les annonces, qui marchent mal, d’autant que les Britanniques sont majoritairement favorables à l’accueil des migrants selon les sondages, s’inquiètent avant tout de la crise du coût de la vie.

Selon le Home Office britannique, 94 % des quelque 50 000 migrants arrivés au Royaume-Uni après avoir traversé la Manche en bateaux à grande vitesse entre janvier 2018 et juin 2022 ont demandé l’asile. 86% de ceux dont la demande a été traitée depuis ont obtenu l’asile.

Dans le cadre de sa répression contre l’immigration, le gouvernement a annoncé au printemps qu’il enverrait des demandeurs d’asile au Rwanda. La politique a jusqu’à présent été bloquée par la Cour européenne des droits de l’homme, ce que déplore Suella Braverman, appelant le Royaume-Uni à “reprendre le contrôle” face à un “tribunal étranger qui menace notre souveraineté”.

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